Quartier de la Bastide: associations et comité de quartier face au géant Darwin.
Février 2025, dans l’atmosphère calme du quartier de la Bastide, rive droite de la Garonne, se cachent de nombreux problèmes pour les acteurs locaux implantés dans ce lieu. Dans le plus grand quartier de Bordeaux, le géant Darwin apporte de nombreux avantages aux habitants et commerçants mais derrière cet acteur majeur se trouvent des associations et un comité de quartiers confrontés à des difficultés financières, politiques et administratives.
Non loin de l’allé Serr, ancien lieu de marché et de rencontre associative dans les années 90, Didier-François Brunet, président du comité des fêtes de la Bastide parle des difficultés rencontrées ces dernières années pour lui et les associations du quartier. « Il y avait 40 secteurs d’activités ici et maintenant il n’y en a plus que 4 » Avec les changements de maire et les différents bords politiques rencontrés, les associations se voient bouleversées et souvent mal accompagnées.

Centre du quartier de La Bastide, ancien lieu de marché et d’animation ©Élise Palu
Le manque de lieu et d’espace d’accueil pour les fêtes ou animations du quartier représentent le problème principal, « les salles municipales sont souvent utilisées par les écoles et les grands bâtiments de Darwin ne sont accessibles ni par le comité, ni par les associations extérieures au lieu ». Darwin ce géant du quartier a su s’installer et créer un réseau lui apportant de nombreux visiteurs. Malgré cette jolie façade, « ils ne sont pas ouverts au développement du quartier, extérieur à leur projet intérieur ». Didier-François s’en désole « j’ai essayé de parler avec un monsieur de Darwin au sujet du développement du quartier, il n’a rien voulu entendre, c’était juste Darwin et rien d’autre », ce manque de communication et d’aide sont donc au centre des préoccupations du comité.
« Plus d’entente entre les commerçants qu’entre les associations ».
D’autre part, plusieurs associations perçoivent des avantages venant des politiques, « du moment où l’association est du même parti que les politiques élus, ça marche, dans le cas contraire, c’est non ». Pour le président du comité, Darwin en fait partie et menace donc le développement des plus petites infrastructures du quartier. « C’est très politisé », ce qui rend une entente entre les associations très difficile, de l’extérieur on ne le remarque pas mais « il existe plus d’entente entre les commerçants qu’entre les associations ».

L’entrée de la Chiffonne Rit, lieu de rencontre ouvert au public ©Élise Palu
Le cas de la Chiffonne rit, collectif en collaboration avec deux associations du quartier, fait figure d’exception. Elle permet à plus de 30 artisans et artistes de se retrouver dans un ancien garage automobile pour travailler et évoluer dans leur travail. Valentine, aux commandes de la partie théâtre du lieu, explique entre deux recoins rénovés par les habitants, « On fonctionne dans le principe d’autogestion, le bâtiment appartient à la mairie mais ce sont les artisans qui payent et qui permettent au lieu de vivre », Depuis sa création la Chiffonne rit organise des rencontres, des événements et souhaite dans le futur une entrée libre au public. « Nous sommes à notre compte, on se fait connaitre sans être en association avec Darwin, ils ne suivent pas les mêmes idées et principes que nous ».
Derrière la vitrine de Darwin, écosystème et lieu alternatif de la rive droite, un des lieux les plus visités de Bordeaux, le défi des associations et du comité du quartier de la Bastide sera de garder un lien avec les habitants tout en mettant en lumière le patrimoine de cet endroit.

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