Des paniers anti-solidaire
Décembre 2024, dans le froid glacial de Bordeaux se cachent des problématiques touchant bien plus que les personnes dans le besoin. Les associations, comme la Banque Alimentaire, se retrouvent face à une diminution des produits et des ressources au sein de leur collecte.
À deux pas du Bassin des Lumières, lieu touristique bien connu de la population bordelaise, se trouve une zone industrielle aux airs désertiques. Au milieu de ces grands bâtiments gris se cachent des personnalités joyeuses, habillées de gilets orange. Depuis 40 ans, la Banque Alimentaire, une association à but non lucratif, a pour mission de lutter contre le gaspillage alimentaire et de venir en aide aux plus démunis. Ouverte du lundi au vendredi, elle propose l’équivalent d’un repas par jour pour 22 800 personnes. Un rythme efficace venant en aide à plusieurs profils : des étudiants, des familles monoparentales, des personnes au chômage… Malgré cette motivation et ces bénévoles souriants, les temps se font durs et le manque de ressources se fait sentir.

Tri des denrées reçues dans la matinée / Photo par Élise Palu le 17.12. 2024
Depuis quelque temps, certaines denrées se font rares, notamment les invendus et les produits à dates courtes des grandes surfaces. Ce manque de ressources oblige la Banque Alimentaire à acheter des produits manquants en plus des dons déjà acquis et des livraisons journalières, ce qui entraîne des dépenses qui n’étaient pas aussi élevées quelques années auparavant.

Aliments invendus du Grand Frais de Begles / Photo par Élise Palu le 17.12. 2024
Ces fournisseurs, pourtant très importants pour la Banque Alimentaire, donnent de moins en moins et préfèrent se tourner vers de nouvelles initiatives directement sur place, comme les paniers antigaspi et le self-discount. Ces nouvelles tendances, en hausse ces dernières années, permettent aux clients d’acheter des produits à dates courtes directement dans les grandes surfaces. Dans des bacs ornés d’un bandeau « antigaspi -30% », on retrouve de nombreux produits frais comme du poulet, des légumes, des pâtes fraîches, etc. Le but de ces enseignes est de ne pas perdre d’argent tout en continuant à vendre des produits avant de les donner à des associations.
« C’est une misère pas possible »
Cette initiative, pourtant saluée par les consommateurs, n’est pas vue du même œil par les bénévoles. Malheureusement, le nombre de demandes au sein de la Banque Alimentaire et de ses partenaires ne diminue pas. « Les Robins de la Rue », une association se fournissant à la Banque Alimentaire depuis maintenant 2 ans, l’exprime bien : « C’est une misère pas possible. » Les deux bénévoles évoquent le cas d’un groupe de 80 personnes travaillant la journée et se retrouvant malgré tout à la rue. Cachées derrière le Ikea de Bordeaux Lac, elles survivent et ne peuvent pas se permettre de se passer de l’aide de structures solidaires.

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